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Les jours ordinaires, septembre

1er septembre


Comme dans un lit trop court où les pieds dépassent.

1er septembre 2015


5 septembre


J’ai passé de longues minutes à fixer le mur de chez Gerg, le cerveau noyé dans les mille projets que je n’arriverai jamais à mettre en route par manque de temps. Les enfants criaient et sautaient dans tous les sens. J’ai vu mon reflet déformé par trop d’introspection dans le tube en métal. Je me suis levée pour les rejoindre tous.

5 septembre 2015


8 septembre


Après exactement 2 heures et 58 minutes d’une nuit trop courte, je suis arrivée d’un pas précipité et un peu titubante dans la classe. Je les ai regardés, les têtes penchées et j’ai souri. Après, ils m’ont parlé de religion, ils m’ont demandé si je n’avais pas peur de brûler en enfer.

8 septembre 2015


13 septembre


Parfois, il y a des jours que l’on revit dans les moindres détails, avec toutes les sensations éprouvées.

L’attente qui se termine enfin et l’excitation et la peur qui se mêlent. Une voix qui surgit, un cocon à tisser, des paupières endormies. On se laisse éblouir tant qu’on peut.

13 septembre 2015


18 septembre


Elle me fait peur. Elle prend l’aspect de spectres affamés. Elle va et vient comme un courant d’air, histoire de faire durer le plaisir. Le plus effrayant, c’est son mutisme et cette errance qui n’en finit jamais. Je vais me tenir à carreau. Elle finira bien par se lasser. C’est toujours comme ça. Sa fringale finit par s’estomper, pauvre folle aux dents cariées.

18 septembre 2015


22 septembre


J’ai enlacé de mes bras le tronc bien trop large pour que mes mains se touchent. Il paraît que ça apaise. Tout comme regarder l’eau ruisseler. C’était comme deux peaux mises à nu qui se frôlent. Deux reliefs tourmentés. Après, je l’ai observé et j’ai pensé que je regardais un arbre peut-être pour la première fois.

22 septembre 2015


28 septembre


Les temps de l’accoutumance au malheur sont révolus. Nous prendrons le large.

Emportés par les courants d’air. Comme une nouvelle saison. Aux oubliettes le tumulte, voici venues les années d’abondance.

28 septembre 2015