Go TopHome

Les jours ordinaires, octobre

2 octobre


Remâcher indéfiniment leurs visages obscènes rongés par la haine.

2 octobre 2015


5 octobre


Je prendrai tous les express. J’écouterai les battements de mon sang. Loin de la fureur du monde, je parcourrai les routes hospitalières, les territoires abandonnés.

Je resterai là avec la terre et rien d’autre.

5 octobre 2015


10 octobre


On a pris la voiture et on a roulé jusqu’à Bruxelles, jusque chez Sonia et Mathieu. Des mois qu’on ne se voyait pas. On a parlé de nos projets en mangeant de la quiche.

Sonia et moi étions presqu’amoureuses du même garçon il y a longtemps. C’était dans le Caucase. On avait gravé nos trois prénoms sur le mur vert en tôle de la poste. Des années plus tard, il y était toujours.

Quand je l’ai connue, je vivotais sous des couches de cuirasse.

10 octobre 2015


13 octobre


Le vent a fait bouger l’antenne parabolique toute la nuit. J’ai eu peur qu’elle se décroche et je n’ai pas fermé l’oeil. La journée s’est étirée indéfiniment. J’ai regardé des images pendant des heures en essayant d’y mettre de l’ordre.

J’ai parcouru le ciel, pleine de certitudes.

13 octobre 2015


18 octobre


Un dimanche joué d’avance, un dimanche au creux de la vague. Où l’on remâche sans cesse les vies que l’on n’a pas vécues, les chemins toujours plus étroits.

Je me serais volontiers jetée au fond d’un puits. Me fracasser la tête et être frappée d’amnésie. Dormir enfin sur mes deux oreilles.

18 octobre 2015


22 octobre


Ces journées faites de rien me conviennent parfaitement. Aujourd’hui est une ode à la procrastination.

22 octobre 2015


24 octobre


On a rêvé à l’été puis on a pris la voiture pour aller voir si les oies sauvages étaient là.

On a marché dans une sorte d’apesanteur heureuse. On a mangé nos légendaires sandwiches avec comme fond sonore des cacardements intempestifs.

24 octobre 2015


27 octobre


Noyée dans un verre d’eau.

Le ciel est loin, vivre n’est pas une chose à la légère.

27 octobre 2015